- Maison pour les amis - Pordic - - Margot Le Duff et Matthieu Girard Architectes DPLG - Rennes

Maison pour les amis - Pordic (22) - 2022-2024

Construction d'une maison-cabane au fond du jardin pour accueillir confortablement famille et amis
misison partielle sans suivi de chantier  - photos non libres de droits ©Stéphane Chalmeau

Implantée en fond de parcelle, cette petite construction indépendante complète l’habitation existante en offrant un lieu dédié à l’accueil de la famille et des amis. À distance de la maison principale, elle s’inscrit dans un environnement naturel largement végétalisé et bénéficie d’échappées visuelles vers la mer.

Pensée comme une maison-cabane contemporaine, elle assume une volumétrie compacte et une écriture sobre. Sa verticalité lui donne une présence singulière dans la parcelle, permet de dégager des vues au-dessus de la végétation et d'occuper peu de terrain. 

L’implantation répond avant tout à une intention : offrir aux visiteurs leur propre espace sans les isoler de la vie de la maison. La cabane dispose de ses espaces de nuit et de séjour, mais ne possède pas de cuisine. Ce choix volontaire maintient un lien avec l’habitation principale et invite à partager les repas, les conversations et les moments du quotidien. Chacun peut ainsi disposer de son intimité tout en continuant à vivre avec les autres. La distance entre les deux constructions devient une juste distance, permettant d’être ensemble sans renoncer à son propre espace.

Cette autonomie relative donne également à la cabane une seconde vocation. Elle n’est pas exclusivement réservée aux invités : elle constitue un espace d’échappée pour les habitants de la maison. On peut s’y isoler quelques heures, bouquiner, faire une sieste, gratter quelques accords de guitare ou simplement s’asseoir et regarder dehors. Un lieu où l’on vient ralentir, écouter la pluie, observer la lumière changer, contempler les arbres ou les mouvements de la mer. Un espace volontairement en retrait, propice à la pause et à la contemplation.

Entièrement construite en ossature bois, la maison repose sur une enveloppe fortement isolée en laines végétales. Ce choix constructif associe légèreté, performance thermique et qualité d’usage. La structure bois participe également à l’identité du projet, en prolongeant dans les espaces intérieurs une matérialité chaleureuse.

Le choix d’une construction légère se prolonge jusque dans ses fondations : aucun béton n’a été utilisé ; la maison repose sur des pieux métalliques vissés, permettant de limiter l’impact de la construction sur le sol et de préserver au mieux les caractéristiques naturelles de la parcelle.

La matérialité accompagne la simplicité du volume et contribue à son inscription dans le site. L’expression naturelle du bois dialogue avec la végétation environnante et donne à l’ensemble une atmosphère à la fois sobre et enveloppante. À l’intérieur, cette matérialité renforce la sensation de refuge, tandis que la hauteur du volume apporte une générosité spatiale inattendue au regard de sa faible emprise.

Les ouvertures sont pensées comme de véritables dispositifs de cadrage. Elles organisent des relations différentes avec le paysage, depuis les profondeurs du jardin jusqu’aux vues lointaines sur la mer. La lumière, les saisons et les éléments deviennent ainsi partie prenante de l’expérience intérieure. La cabane offre moins un point de vue unique qu’une succession de situations où le paysage se découvre, se transforme et s’observe.

Les choix techniques et sanitaires participent eux aussi à cette volonté de limiter l’impact de la construction et de son usage. La cabane est équipée de toilettes sèches, permettant de s’affranchir d’une consommation d’eau pour cet usage. Les eaux grises issues de la douche et du lavabo sont quant à elles gérées par un filtre à broyat de bois, dispositif qui s’inscrit dans une approche simple et sobre de la gestion de l’eau.

La compacité du programme (27m² habitables au total, répartis sur 3 niveaux) permet enfin de concentrer les usages et de privilégier la qualité des espaces. Chaque orientation, chaque ouverture et chaque seuil participe à cette recherche d’un équilibre entre intimité et vie collective, retrait et ouverture, protection et contemplation.

Plus qu’une annexe, cette petite construction propose ainsi une autre manière d’habiter la parcelle. Un lieu pour accueillir sans envahir, partager sans être constamment ensemble, et se retirer sans véritablement s’isoler. Une maison-refuge à l’échelle du jardin, conçue pour les amis autant que pour ceux qui y vivent au quotidien, et qui trouve sa singularité dans ce rapport entre architecture, nature et usages.